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segunda-feira, 28 de outubro de 2024

Société Pour la Promotion de la Culture Parmi les Juifs de Russie

 



Une association éducative et civique consacrée à l'acculturation des Juifs dans la “Zone de Résidence", la Société pour la promotion de la culture parmi les Juifs de Russie  a été fondée en 1863 pendant une période de libéralisation. Elle est restée active jusqu'à ce qu’elle soit contrainte de fermer en 1929 suite à une décision du gouvernement bolchevique qui voulait abolir les institutions politiques et culturelles indépendantes. 

Créé à Saint Petersburg, sa tache première était de  s’assurer que les Juifs seraient utiles à l'Etat en travaillant comme commerçants, comme agriculteurs,  artisans, ou en poursuivant des études universitaires.

Elle fournissait l’occasion d’apprendre le russe, d’acquérir des connaissances sur des sujets profanes, et de fréquenter les écoles russes. Ses organisateurs espéraient  atteindre leurs objectifs en utilisant leurs contacts étroits avec des responsables gouvernementaux. Ces objectifs culturels n’étaient pas sans rapport avec le souhait d’obtenir des droits accrus pour les Juifs.

Engagés dans l'idée de l’intégration, les dirigeants de la Société, étaient hostiles à l’yiddish et aux rabbins traditionnalistes qui essayaient de garder les Juifs à l’écart de leurs voisins russes. Parce que les fondateurs vénéraient  l'histoire juive ancienne et partageaient une passion pour la sécularisation, ils considéraient l'hébreu avec un profond respect.

Comme ils étaient géographiquement éloignés de la "Zone de Résidence", la direction de Saint-Pétersbourg était désireuse d’engager les Juifs résidents dans d'autres parties de la Russie. Ainsi en 1867, la Société a établi une succursale à Odessa. Les militants de Odessa partageaient l’idée des Lumières, et en avait une conception différente de celle  de leurs corréligionaires de Saint Petersbourg. Plutôt que de chercher à créer une élite intellectuelle juive, la direction Odessa encourageait une russification radicale. En tant que communauté nouvellement créée, dépourvue de traditions enracinées, Odessa était ouverte à l'intégration juive. 

Les dirigeants d’Odessa ont ainsi voulu que le Pentateuque soit traduit en russe afin que les Juifs puissent le lire dans la langue vernaculaire croyant ainsi que cette innovation aurait un impact important en aidant les Juifs à apprendre le russe. De plus, ils voulaient créer un réseau d'écoles modernes, des écoles du dimanche en particulier, pour la promotion de l'éducation des adultes. 

Craignant des réactions gouvernementales suscitées par le radicalisme d’Odessa, Saint-Pétersbourg a refusé de financer la branche d’Odessa, ce qui lui rendait impossible de réaliser ses plans. Le pogrom qui a eu lieu à Odessa en 1871 a signalé la mort de la branche de Odessa, car il a ébranlé la conviction que le progrès social permettrait d'éradiquer l’antisémitisme.

La branche d'Odessa a rouvert en 1877, et sa seule fonction était de venir en  aide aux pauvres et d’assurer la formation des artisans. La situation à Odessa était  complexe à cause d'importantes différences idéologiques parmi l'intelligentsia locale juive. Il y avait les sionistes et des nationalistes. Les forces en faveur de l'intégration juive furent finalement victorieuses, indiquant ainsi que la majorité des membres de Odessa se sentait fidèle à l'idée d’intégration. 

L'année 1905 a été cruciale pour l'intelligentsia juive russe. À Saint-Pétersbourg, Odessa, Kiev, Moscou et Riga, des membres jeunes et plus radicaux ont tenté de prendre le pouvoir sur l’establishment conservateur.

La Société a perdu une partie de son influence entre 1906 et 1914, période pendant laquelle le gouvernement a autorisé les institutions culturelles juives a prospérer. Au cours de la Première Guerre mondiale, la Société a joué un rôle positif en tant que membre de Evreiskoe Komitet Pomoshchi Zhertvam Voiny (EKOPO), l'organisation humanitaire qui s’occupait des réfugiés juifs. 

La Société en tant que responsable des écoles ouvertes aux réfugiés, a utilisé son pouvoir pour que la langue d'enseignement soit le yiddish, la "langue maternelle des élèves”. Cette décision a suscité la controverse et la colère des sionistes et des pragmatiques qui jugeaient que les réfugiés avaient besoin avant tout d'une connaissance du Russe.

Après la Révolution d’Octobre, les biens de la Société furent progressivement expropriés par les bolcheviks, y compris la célèbre bibliothèque de l'organisation et ses vergers de fruits dans le sud de la Russie.

Ce qui avait commencé comme une tentative de l'acculturation des Juifs de Russie a fini ironiquement comme un grand succès: les Juifs de la Russie soviétique se sont entièrement intégrés, ils parlaient couramment le russe, et devinrent des maîtres de la culture russe.

Pour aller plus loin je suggère la lecture de l'essai de Brian Horowitz publié en 2013:

An Innovative Agent of an Alternative Jewish Politics

The Odessa Branch of the Society for the Promotion of

Enlightenment among the Jews of Russia


Brian Horowitz

 - Russian Idea Jewish Presence - 

Essays on Russian-Jewish Intellectual Life, Boston 2013



In the historical literature, the Odessa branch of the Society for the Promotion of Enlightenment among the Jews of Russia became famous thanks to the struggle for Jewish nationalism on the part of Ahad-Ha’am and Semyon Dubnov. Supposedly the outrage of the Zionists against the “assimilators” brought some life to a dead institution. However, nothing could be farther from the truth.

The Odessa branch of the Society for the Promotion of Enlightenment was a powerful tool for the expansion of Jewish communal and educational funding from 1867-1903. The practical achievements of the Odessa branch were based on grassroots efforts that promoted civic participation in philanthropy and educational reform that, while not uncommon in late tsarist Russia, brought effective results. A study of the branch shows that by seeking gradual improvement in real lives, the branch members provided a model for Jewish philanthropists in St. Petersburg and other cities. In fact, the success of the Odessa leadership was confirmed when, in the first decade of the twentieth century, the older members of the society were able to repel an attack from young Zionists. The old guard continued to win the leadership posts that showed the popularity their program based on a compromise between integration and Jewish identity.


sábado, 9 de dezembro de 2023

Les Lois de Mai 1882

Les lois de mai font partie des Règlements intérieurs et sont signées le 15 Mai 1882 par l’empereur Alexandre III de Russie. Dans le contexte d'une répression tous azimuts qui visait d'abord la contestation politique, les Règlements intérieurs augmentent les pouvoirs de police dans certaines régions, en particulier en matière de presse, mais aussi d'arrestations des suspects, passage en cour martiale, etc.

Ces lois imposent une politique systématique de discrimination qui bannit les Juifs de toutes les zones rurales et des villes de moins de dix mille habitants, même dans la "Zone de Résidence". Des quotas stricts sont fixés concernant le nombre de Juifs autorisés dans l’enseignement secondaire et supérieur et pour de nombreuses professions. Ces lois sont restées en vigueur jusqu'à la révolution russe de 1917 et provoquent une émigration juive massive : de 1881 à 1920 , plus de deux millions de Juifs quittent l’Empire russe.

La loi répressive est révisée régulièrement. En 1887, les quotas de Juifs dans l'enseignement sont resserrés: 10 % à l'intérieur de la "Zone de Résidence", 5 % à l'extérieur de la Zone à l'exception de Moscou et de Saint Petersbourg, où le quota est maintenu à 3 %. Dans de nombreuses villes à forte population juive, les écoles sont à moitié vides et de nombreux étudiants juifs se voient interdits de s'inscrire dans les écoles et universités. Ils se trouvent dans l'impossibilité de finir leurs études dans leur propre pays.

En 1886 un édit d'expulsion est pris à l'encontre des Juifs de Kiev. Au printemps de 1891, Moscou est vidée de ses Juifs.

En 1889, les Juifs ont l'interdiction de s'inscrire au barreau des avocats «La proportion de docteurs juifs pouvant exercer dans l’armée et peut excéder 5 %, tandis que les hommes de loi juifs qui désirent devenir avocats doivent faire une demande expresse auprès du Ministre de la Justice. À la fin du règne d'Alexandre III, la licence accordée aux Juifs de vendre de l’alcool est révoquée».

En 1892, de nouvelles mesures interdisent aux Juifs de participer aux élections locales en dépit de leur grand nombre dans de nombreuses villes de la Zone de Résidence. «Le Décret des Villes (Городовое положение) de 1892 interdits aux Juifs d'élire ou d'être élus dans les Doumas des villes. De cette façon, une représentation proportionnelle inverse est obtenue: la majorité des contribuables de la ville est soumise à une minorité gouvernant la ville contre les intérêts juifs».

L'année suivante (23 Avril 1893), la Loi concernant les prénoms impose un châtiment criminel aux Juifs qui essayent d'«adopter des prénoms chrétiens» et impose aux Juifs d'utiliser leurs prénoms de naissance dans les affaires, les écrits, la publicité, les enseignes, etc.