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sábado, 9 de dezembro de 2023

Pogrom d'Octobre de 1905 à Odessa

 



Le pogrom d’Octobre 1905 fut le pire dans l'histoire d'Odessa. Entre le 18 et 22 Octobre 1905, des Russes, des Ukrainiens ethniques, et des Grecs ont tué plus de 400 Juifs (les estimés varient entre 300 et 1000) et endommagé ou détruit plus de 1600 propriétés juives.

Le ralentissement économique marqué par une production industrielle réduite et par un chômage élevé, par la désapprobation juive de la guerre avec le Japon, ont contribué à une forte tension avec la communauté juive à Odessa en 1905.

La crainte d'un pogrom en Avril 1905 avait incité le Comité national Juif d'auto-défense à pousser les Juifs à s'armer et protéger leurs biens. Les non juifs ont été menacés de représailles armées si un pogrom se produisait. 

En Juin 1905,  la peur d'un pogrom réapparu quand les Juifs ont été déclarés coupables d’avoir incité des exactions ainsi que les incendies au port. 

Voici un défilé anti-juif guidé par le portrait du petit père des peuples.

Le 13 Juin 1905, les Cosaques ont abattu plusieurs travailleurs en grève. Le lendemain, un grand nombre de travailleurs ont cessé de travailler et ont attaqué la police avec des pierres et des fusils. Lorsque le Cuirassé Potemkin arrive à Odessa ce soir-là, des milliers de Odessites sont allés au port pour regarder le cuirassé et soutenir les marins mutinés. 

Au cours de l'après-midi du 15 Juin, la foule indisciplinée a commencé à piller les entrepôts et a mis le feu à des bâtiments en bois dans le port. Le chaos s'ensuivit quand, afin de prévenir de nouveaux troubles, l'armée a bloqué le port et tiré sur la foule. 

En Juillet, voici ce que dit le Journal La Croix:

Quelques jours après cet atroce incident qui a eu lieu au port, un document antisémite appelé Odessa Jours (Odesskie DNI) fut publié.  Il blâmait les juifs pour la tragédie et demandait que les Juifs indemnisent les Gentiles, qu’ils soient désarmés et que tous les appartements appartenant aux Juifs soient identifiés.
Bien que les événements de Juin n’aient pas été suivis immédiatement par un pogrom, un environnement fortement antisémite avait été établi, ce qui amena le pogrom d’Octobre.
Des nouvelles du Manifeste du 17 Octobre publié par le tsar Nicolas II, sont arrivées à Odessa le 18 Octobre et ont provoqué une fête dans les rues. Des milliers se réjouissaient de ce document qui affirmait les libertés civiles et faisait la promesse de créer une assemblée élue. Le Manifeste du 17 Octobre fut la réponse du Tsar à l’ensemble de troubles politiques et sociaux qui agitèrent l’Empire Russe dés le début 1905. Le Manifeste accordait en principe un certain nombre de libertés avec effet immédiat: conscience, parole, réunion et association.
Les Juifs espéraient que le Manifeste conduirait à une plus grande liberté et moins d'antisémitisme dans l'empire russe. Alors que de nombreux Juifs et les libéraux à Odessa célébraient le Manifeste d'Octobre, les conservateurs ont vu dans ce document  une menace pour l'autocratie et pour la puissance de l'Empire russe.
Le 18 Octobre, les Juifs et les libéraux ont applaudi les nouvelles du Manifeste d’Octobre. Bien que les manifestations aient débuté pacifiquement, elles sont rapidement devenues violentes avec la présence de drapeaux rouges et de la propagande contre le régime tsariste. Alors que croissait la violence entre partisans et les adversaires du Manifeste d'Octobre, la colère de ces derniers se porta sur les Juifs d’Odessa, car à leurs yeux ils étaient à la racine des problèmes de la Russie. Quand un groupe de Juifs demanda  a quelques ouvriers russes de montrer du respect à l’endroit du drapeau rouge, une bagarre a éclaté dans les rues et se transforma bientôt en une émeute anti- juive.
Entre le 19 et 21 Octobre  la  violence se propagea sur toute la ville d’Odessa, du centre  ville aux banlieues, ainsi qu’aux villages voisins. Plutôt que de travailler à protéger les Juifs et mettre fin au pogrom, de nombreux policiers et soldats habillés en civil ont regardé ou participé au massacre juif. Bien qu’elles aient eu de nombreuses victimes et qu’elles aient finalement été vaincues, les forces juives d'auto-défense ont défendu avec succès des maisons ainsi que les rues et même des quartiers.
Divers rapports estiment que le nombre de morts juives dans le Pogrom Octobre de 302 à 1000 décès. D'autres statistiques montrent qu’il y a eu  environ 5000 Juifs blessés, 3,75 millions de roubles en dommages aux biens, 1400 affaires ruinés, et 3000 familles plongées dans la pauvreté.
Le Comité central juif d'Odessa d’aide aux victimes des pogroms de 1905 a recueilli 672 833 roubles de juifs d’Odessa et de l'étranger pour venir en aide aux personnes mises à mal par le pogrom. 

Antisémitisme à l’époque

Il y eut de nombreux pogroms perpétrés à l’encontre des populations juives de Odessa en 1821, 1849, 1859, 1881 et 1905.  Les Russes et les Ukrainiens, majoritairement ouvriers et formant les couches pauvres de cette société, nourrissaient un sentiment de jalousie exacerbé à l’égard des juifs qu’ils supposaient plis aisés du fait de leurs activités de commerçants. Les Grecs, ennemis des premiers jours, partageaient cette animosité envers les juifs, pour de banales histoire de négoce.
Ce fut dans les années 1902 qui parut “Le Protocole des Sages de Sion”, livre conçu et présenté comme un plan de conquête du monde par les juifs et les francs-maçons. Il fut rédigé à Paris par un informateur de la police Tsariste qui s’est inspiré du livre “Dialogues aux Enfers” de Maurice Joly, publié à Bruxelles en 1864. Alors que les Dialogues n’était qu’un pamphlet satirique décrivant la conquête du monde par Napoléon III, les Protocoles sont devenus l’outil par excellence de l’antisémitisme.
Voici quelques dépêches de l’époque:

Une excellente analyse du Pogrom de 1905 à Odessa nous est donnée par R. Weiberg dans un article intitulé "The Pogrom of 1905 in Odessa" publié en 1992.  https://core.ac.uk/download/pdf/76221917.pdf

Les auteurs Anne-Marie Bouchard et Alexis Desgagnés publient « La révolution russe dans la presse illustrée européenne  dans les Cahiers du monde russe en 2007.


Pour les Pogroms qui ont eu lieu en Ukraine entre 1917 et 1920 il faut lire le livre publié à Paris en 1927 par le Comité des Délégations Juives:  Les Pogroms en Ukraine sous les Gouvernements Ukrainiens (1917-1920). 






La Mutinerie du Potemkin (Juin 1905)

 


La crise économique avait durement frappé la population russe entre 1901 et 1903. Dans un contexte de crise mondiale, les faillites industrielles étaient de plus en plus nombreuses, tout comme les famines dans les campagnes à cause des mauvaises récoltes. 

La défaite de la Russie dans la guerre face au Japon (1904 et 1905) avait porté un coup au prestige du gouvernement et du tsar. Nicolas II avait espéré détourner l'attention de l'opinion publique des problèmes intérieurs, grâce à une guerre “facile" contre les japonais. La population avait d'abord été tout à fait indifférente à cette guerre lointaine, avant d'y être complètement opposée quand les levées de troupes se firent de plus en plus nombreuses, que les impôts pour financer le conflit augmentèrent et que les nouvelles de défaites successives arrivèrent.

La discipline de la marine tsariste était sévère et le moral bas à la suite des défaites humiliantes de la guerre russo-japonaise.

En 1905, le Comité central de l'organisation social-démocrate de la flotte de la Mer Noire entreprit des préparatifs pour un soulèvement général simultané sur l'ensemble des navires de la flotte russe. Alors que le Potemkine était en croisière pour des exercices de tir, une mutinerie éclata de façon spontanée, mais prématurée par rapport aux plans des révolutionnaires. La révolte fut déclenchée par le second du cuirassé, qui aurait menacé de représailles une partie de l'équipage qui refusait de manger de la viande avariée: il aurait fait masser les mutins sur le pont avant, des fusiliers marins les tenant en joue.

L'équipage en aurait conclu qu'on se préparait à passer les mutins par les armes, et se serait interposé, suppliant les fusiliers de ne pas tirer. C'est la version qui est présentée dans le film « Le cuirassé Potemkin ». La scène la plus célèbre du film est le massacre de civils sur les marches de l’escalier monumental d’Odessa (aussi connu comme l’Escalier Potemkine). 

Vue du port de Odessa du haut des escaliers

Dans cette scène, les soldats tsaristes dans leurs tuniques d'été blanches semblent descendre l'escalier sans fin d’un pas rythmé comme des machines et tirant sur la foule. Un détachement de Cosaques à cheval charge la foule en bas des escaliers. 

Ce qui s'est en fait réellement passé reste peu clair, et a été estompé par la légende propagée par le film d'Eisenstein. 

La révolte éclata et les mutins tuèrent un certain nombre de leurs officiers et le médecin qui avait certifié la viande comme propre à la consommation. Les officiers survivants furent mis aux arrêts. 

Dans la soirée du 15 Juin, le cuirassé mutiné revint à Odessa en arborant le drapeau rouge. Odessa était déjà sous le coup d'une grève générale et d'émeutes sporadiques, que l'arrivée du cuirassé attisa. Les représentants de la «commission de contact» des partis sociaux-démocrates ne parvinrent pas à convaincre l'équipage du cuirassé de débarquer des détachements armés et d'aider les ouvriers à se procurer des armes et à combattre. Tant les ouvriers que les marins étaient divisés.

Le 16 juin, eu lieu une manifestation à caractère politique. La cavalerie à pied tira sur les manifestants massés sur l'escalier Richelieu, qui relie le centre-ville au port. 

En représailles, le Potemkine tira deux obus sur le quartier de la ville où se trouvait le quartier général des forces tsaristes, tuant un civil et causant peu de dégâts.

L'armée impériale envoya des renforts à Odessa pour réprimer la révolte, et deux escadrons de la flotte de la mer Noire devaient couler le Potemkine. Ils se rassemblèrent le 17 juin. Le Potemkine, tint tête à la flotte, les équipages des deux escadrons refusant d'ouvrir le feu. L'un des cuirassés, rejoignit même les insurgés. 

Au soir du 18 juin, le cuirassé, rallia Constança, en Roumanie, pour se réaprovisioner  en  charbon et en vivres. Le 20 juin, la Commission du navire envoya des appels solennels «à tout le monde civilisé» et «à toutes les puissances européennes», et proclama la résolution de l'équipage à combattre le régime tsariste. 

Le 25, le Potemkine se rendit aux autorités roumaines. Certains des marins retournèrent en Russie, où ils furent arrêtés et jugés. L'essentiel de l'équipage rentra en Russie après la Révolution de Février 1917. 

Lénine écrivit que la mutinerie du Potemkine avait une importance cruciale, en ceci qu'elle était la première tentative de créer l'embryon d'une armée révolutionnaire, tout particulièrement alors qu'une bonne partie de l'armée tsariste se rangeait aux côtés des révolutionnaires.

Voici ce que publiait la Revue Universelle en 1905 et le Petit Parisien:

Voici quelques nouvelles sur la crise russe à Odessa en 1905